Tifenn a écrit:
Je suis étonnée par ta remarque sur l'éducation, Brig. Tu parles d'aujourd'hui ? ou de celle que tu as reçue ?
L'éducation de maintenant, je ne la connais pas, mais quand j'étais jeune, la compétition était terrible autant dans le milieu familial que scolaire. Je ne comprenais d'ailleurs pas comment tous les parents pouvaient demander à leurs gosses d'être le premier de classe alors qu'il ne pouvait y en avoir qu'un. Les parents, en faisant cette demande prenaient tous, à l'exception du père et de la mère du premier de classe, une sérieuse option sur la déception.
Il y avait les notes, avec les copies classées par ordre croissant ou décroissant, les moyennes, et surtout les places. Ce qui n'était pas virtuel puisqu'on avait une place attribuée dans la classe selon le classement. Les premiers aux premiers rangs et les cancres au fond de la classe. ça aidait pour progresser surtout si les mauvais résultats scolaires étaient dus à un problème de vue ou d'audition.
Il y avait aussi les comparaisons entre soeurs - j'allais écrire entre frères et soeurs, mais horreur, un mâle dans une école de filles, absolûment impensable! - ou tous les professeurs, les uns à la suite des autres, te rabâchaient, rabâchaient, rabâchaient, que tes soeurs avaient des meilleurs résultats au même âge.
Et à la maison, même refrain. Il y avait toujours quelqu'un qu'on te proposait comme modèle en te disant que tu étais trop nulle pour même penser à l'égaler, ce qui n'empêchait pas que l'on disait exactement la même chose, mais en sens inverse, à celui ou celle qu'on érigeait en modèle.
Et dois-je parler des carnets de notes sur lesquels il était invariablement écrit qu'on était paresseuses, que les notes pouvaient être plus élevées, et qu'il fallait faire des efforts encore et encore et encore, même si on avait plus de quinze de moyenne générale avec des profs qui notaient en dessous du travail effectué pour nous apprendre que même lorsqu'on avait fait du bon travail, ce n'était que du bon travail, donc normal, donc moyen, donc qui méritait un dix sur vingt, pas plus ?
Il n'y avait qu'avec les mathématiques qu'on pouvait s'en sortir parce que 2 et 2 = 4, ça faisait 20 sur 20.
Normalement.
Mais lorsque les profs trouvaient que le raisonnement pour trouver la solution d'un problème n'était pas le raisonnement qu'ils auraient préféré ou qu'il était un peu trop long, ça leur permettait de retirer, deux, trois, voire cinq points, même si le résultat était juste.
Pas juste.
J'allais oublier les points en moins pour l'orthographe dans toutes les matières, même les maths.
Citer:
Je n'ai jamais ressenti une envie de compétition pendant ma scolarité.
Tout comme moi. Cette éducation m'a libérée de toute envie de compétition, de tout désir de rapport de force, et de toute ambition.

Ou alors, c'est ma nature.
