Philéo a écrit:
Oui, bien sûr, il faut proposer des solutions.
Je pense qu'un bon début est de tirer la sonnette d'alarme pour informer, quitte a passer pour des rabats joie.

Le problème, c'est que historiquement, tirer la sonnette d'alarme ça n'a jamais fait réagir personne.
On tire la sonnette d'alarme sur le crime depuis l'invention des lois, mais jamais les cartels criminels n'ont autant prospéré.
On tire la sonnette d'alarme sur la drogue, et il n'y a jamais eu autant de drogués.
On tire la sonnette d'alarme sur l'esclavage, et il n'y a jamais eu autant d'esclaves dans le monde qu'aujourd'hui (
article en anglais)
On tire la sonnette d'alarme sur la pêche intensive, la déforestation, l'érosion des sols cultivables, la disparition des espèces, la raréfaction des sources d'hydrocarbure, la dette croissante des pays développés, la volatilité des marchés et que se passe-t-il?
Rien.
Les gens baissent la tête, soupirent, disent "Ah, c'est sûr que l'homme est une belle ordure!", puis ils reprennent leur chemin bien tranquillement. Tout ça parce que Mère Culture leur dit que c'est normal, que l'homme est une créature imparfaite, mauvaise et que s'il ne se corrige pas, il ira à sa perte. C'est son destin : devenir un ange (par la religion, par la technologie, par l'idéologie, peu importe), ou mourir.
Si on ne propose pas aux gens de faire "autre chose", de penser autrement, de voir les choses différemment, alors ils ne voient pas d'issue, et se résignent à attendre un éventuel Salut.
Philéo a écrit:
Je pense qu'un changement de culture comme tu le décris ne peux passer que par l'information au préalable, provenant de la sphère scientifique, relayée par des décisions politiques, qui en démocratie, ne peuvent s'exprimer que par le peuple. Donc à la condition que le plus grand nombre accepte l'idée de changer.
Ce qui n'est pas gagné.

Effectivement, changer une culture, surtout dans ses fondements ce n'est pas une mince affaire! Cela dit, il existe un bon côté à la situation actuelle, c'est que notre civilisation connaît une véritable crise culturelle.
Pour la première fois, nous n'avons plus confiance en Mère Culture. Nombreux sont les gens qui pensent que nous courrons à notre perte, et le futur n'est pas vraiment ce que nous pensions qu'il serait quand nous étions enfants, pas vrai?

On rêvait de voitures volantes et de villes sans pollution, de robots qui feraient pour nous toutes les basses tâches manuelles, et d'un monde transformé en jardin où la guerre, la maladie et la faim n'existeraient que dans les livres d'histoire. Et on est un peu déçu, en ce début de XXIe siècle...
On a cessé d'y croire, et on se demande bien comment s'en sortir. De plus en plus de gens sombrent dans la dépression, l'apathie ou le nihilisme. Nos films de science-fiction montrent un monde post-apocalyptique de plus en plus fréquemment. L'un des plus gros succès de ces 15 dernières années, Matrix, a même été jusqu'à définir la race humaine comme un virus dans la biosphère terrienne. Et avouez-le, nous avons tous été convaincus...
Donc notre culture nous semble dépassée, épuisée, mortifère, même. Très bien! C'est justement l'occasion rêvée pour en changer! Mais pour ça, il faut "désapprendre" une bonne partie des bêtises qu'on nous a mis en tête, et je crois que la première c'est justement que l'homme est une créature fondamentalement plus mauvaise que les autres, une espèce maudite, ou toute autre idiotie du genre, qui ne sont finalement qu'une ré-interprétation du vieux mythe du péché originel (ou que "la vie est souffrance", variation bouddhiste sur un même thème).
Sinon, nous ne ferons rien. Pourquoi se fatiguer quand les bases sont pourries?

PS : on n'a pas droit de dire
c*nneries, ici? Ca a été remplacé automatiquement par
bêtises. Dis donc, ça rigole pas...
